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Mise à jour : 20/03/2010 - 09:45
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Florian Innocente

Aquafadas entre coulisses et nouveautés [21.09.2007 - 11:40]

Enregistré sous : Interview par Florian Innocente

Lors de l’Apple expo 2006 ce sont les français d’Aquafadas qui avaient emporté le Trophée MacGeneration du meilleur freeware/shareware. La petite équipe revient cette année avec de nouveaux utilitaires qui font toujours appel à l’instinct créatif des utilisateurs Mac. Claudia Zimmer, co-fondatrice de la société, nous raconte les coulisses du développement au sein d’une structure passée de deux à neuf personnes et qui vend aujourd’hui ses logiciels depuis l’Alaska (une des premières ventes réalisées) jusqu’au Japon.

Lorsque avez démarré Aquafadas et vos premiers développements, quelles sont les choses que vous ignoriez sur cette activité et qui se sont révélées cruciales pour réussir ?

Au début, Matthieu (ndr : Kopp, co-fondateur et développeur) s’est concentré sur l’idée, la qualité du produit et l’interface. La commercialisation de iDive n’avait pas été vraiment réfléchie. Avec un modèle de shareware et des sites comme VersionTracker ou MacUpdate nous pensions qu’un logiciel de qualité ferait son chemin tout seul. Nous avons découvert en cours de route que nous devions oeuvrer pour que notre logiciel trouve son public car la majorité des utilisateurs Mac passent peu ou pas de temps du tout sur les sites de téléchargement !

A moins d’avoir entre les mains un produit qui fonctionne en marketing viral, il faut insufler la vie à son produit sur la toile, et en suivre le pouls quotidiennement. C’est un vrai travail qui n’est pas forcément facile à gérer pour un développeur solitaire. Les relations presse et les partenariats avec d’autres éditeurs ont fait partie des expériences cruciales pour rencontrer nos utilisateurs.

Mais attention ! Au tout début personne ne vous connaît et il n’est pas évident de faire relayer votre info. Nous avons aussi fait dès le départ le choix de développer en Anglais ce qui fut une décision heureuse à plusieurs titres : la presse américaine relaie assez facilement l’info sur la sortie d’un nouveau logiciel et le public est très enthousiaste ; nous avons du coup touché le monde entier (enfin presque) ; nos premières ventes s’étendaient de l’Alaska à l’Australie ; la tâche de localisation en a été facilitée pour les distributeurs Allemand, Japonais, Italien…

Aquafadas a été plusieurs fois distingué, dans la presse économique, par un Trophée MacGeneration en 2006, quelles sont les retombées de ce type de médiatisation et est-ce qu’être un éditeur Mac en France est aujourd’hui chose facile ?

Les articles dans la presse économique soulignent plus la démarche entrepreneuriale que la qualité de nos produits. Les distinctions que nous avons eues cette année sont arrivées un peu comme une surprise. Il y a deux ans encore, face aux institutionnels, nous avions à nous justifier de notre choix de plateforme de développement. Il semblerait que les mentalités évoluent rapidement et que développer pour Mac n’est plus forcément perçu comme un handicap.

Les retombées de ce genre d’articles ne se comptent pas en terme de ventes mais nous donnent une plus grande crédibilité lorsque nous cherchons des financements pour de nouveaux projets. Des prix comme le Trophée MacGeneration ou le O’Reilly Innovators Award ont une plus grande incidence sur notre renommée auprès du public Mac.

Est-ce que vous avez eu des surprises dans le profil des gens qui utilisaient vos logiciels ? Ils correspondaient aux cibles que vous aviez définies et aux besoins que vous aviez évalués ?

iDive et PulpMotion avaient été conçus pour le grand public, les utilisateurs de iLife mais dans les deux cas nous avons été étonnés du fort taux d’adoption par les professionnels.

Est-ce que vous avez perçu des différences dans les besoins exprimés ou dans les réactions entre vos clients européens, asiatiques ou américains ? Et en quoi cela peut influencer sur l’évolution d’un produit ?

Lorsque l’on discute de l’évolution de nos produits nous tenons compte des commentaires et demandes des utilisateurs. Nous essayons de ne pas oublier que nous ne développons pas seulement pour nous. Il y a des différences mais nous nous appuyons fortement sur une culture commune, la culture Mac avec des styles, une interface, une façon de travailler guidés par Apple.

Pour des logiciels comme PulpMotion, c’est plus compliqué. Les utilisateurs s’appuient sur les thèmes graphiques intégrés pour présenter leur mariage, anniversaire, week-end entre amis… et là, la question culturelle intervient fortement. Certains thèmes jugés de mauvais goût en Europe seront prisés aux Etats-unis ou au Japon. Le thème “Valentine“, qui avait été développé par Damien un peu comme un gag, se retrouve dans l’édition japonaise de Pulpmotion. Comme quoi, les goûts et les couleurs…

valentine

Nous avions eu aussi une forte demande des Américains pour le thème 4th of July (ndr : le jour de la Fête Nationale) avec un drapeau en fond, alors que l’équivalent pour la version française n’est pratiquement pas utilisée et celui de la version Allemande même pas développé par manque d’intérêt.

Est-ce qu’il y a une collaboration ou une entraide régulière avec d’autres éditeurs Mac et quelle forme prend elle ?

Des conférences de développeurs comme la WWDC ou les salons comme l’Apple Expo permettent de se rapprocher d’autres éditeurs français ou étrangers. Après une rencontre à la Macworld Expo où nous étions presque voisins nous avons par exemple décidé d’un développement commun avec GroupSmart pour que nos deux logiciels PulpMotion et MemoryMiner dialoguent. C’est une approche plus productive que celle de l’isolement et dans ce cas précis ça a vraiment été un choix de fond : MemoryMiner est un catalogueur de média et pourrait être en concurrence avec iDive sur certains aspects.

Le raisonnement est pourtant simple, soit on perd de l’energie à se concurrencer, soit on essaie de trouver des synergies. La deuxième option est plus productive et surtout plus amusante. Nous préparons pour cet automne une autre action commune avec des développeurs européens, on en reparlera en octobre…

Cela fait un peu plus d’un an que vous travaillez avec Leopard. Qu’est-ce que l’utilisateur final va pouvoir faire de plus ou de mieux avec vos logiciels justement grâce à cette version de Mac OS X ?

Avec les thèmes PulpMotion pour Leopard on va rentrer dans une nouvelle dimension…

Quelles sont les grandes évolutions prévues pour iDive et Pulpmotion indépendamment de la version de l’OS ?

Nous préparons une version Pro pour PulpMotion et elle sera dévoilée en version préliminaire à l’Apple Expo, elle répondra à une forte demande de plus de réglages, d’options de son, de timing… On présentera aussi VideoPier, c’est une bouée pour tous les utilisateurs Mac qui ont acheté une camera MPEG-2 (les petites fonctionnant sans cassettes) sans savoir que ce n’était pas géré par iLife… C’est très énervant surtout quand le CD-ROM livré avec offre une solution pour les utilisateurs Windows ! VideoPier va permettre de visualiser, copier et si besoin convertir les vidéos MPEG-2 en un format QuickTime.

videopier.png

Une autre nouveauté sera BannerZest, c’est à titre personnel mon chouchou car j’en ai un besoin désespéré ! C’est un petit utilitaire pour réaliser facilement des diaporamas et des bannières Flash à partir de photos. Pour donner un exemple concret, en bas de la page Web de présentation de PulpMotion j’ai quatre captures d’écran du logiciel. Avec BannerZest je pourrai avoir un défilement de 10 captures avec un lien sur chacune d’elles. C’est aussi super pour les bloggeurs : on choisit la taille de la bannière, on glisse les photos, quelques réglages de style et voilà ! Pas besoin d’avoir Flash ou de savoir programmer. Et on aura un cinquième logiciel à faire découvrir, mais rendez-vous sur le salon…


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