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Mise à jour : 12/05/2008 - 12:00
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Christophe Laporte

Apple et le monde de la création [24.09.2007 - 12:26]

Enregistré sous : Interview par Christophe Laporte

Ancien de LaCie et de Getty Images, Hervé Petit, fondateur de Bridge Europe, travaille aujourd’hui aux côtés d’éditeurs tels qu’Extensis, Colour Confidence, FileWave ou SeeFile. Il assure en parallèle des formations autour des problématiques de la gestion de la couleur et des polices de caractères. Un cycle sera d’ailleurs proposé sur l’Apple Expo. Il nous a offert son point de vue sur la place du Mac dans le secteur de la création et l’évolution de ce dernier.

Qu’est-ce qui a changé avec l’arrivé des solutions serveurs chez Apple ?
Aujourd’hui avec les Xserve, Apple se retrouve globalement sur un pied d’égalité face à Windows, Ce qui manque en revanche c’est un effort accru, en Europe particulièrement, pour promouvoir ces systèmes. Et d’avoir une approche autour de solutions complètes, ce que demandent généralement les clients. Contrairement aux Etats-unis je trouve qu’il y a encore en Europe une sorte d’inertie. En développant une vraie dynamique cela pourrait, en outre, contribuer à sortir Apple de ce ghetto des arts graphiques.

Si l’on s’en tient aux marchés de la création quels sont encore les avantages d’Apple ?
Apple a, en France tout au moins, un avantage qu’elle sous estime c’est son réseau de revendeurs. Lorsque des entreprises expriment des besoins autour de l’image numérique par exemple et des applications graphiques en général, elles trouveront plus facilement des gens compétents au sein des Apple Center. Ces thématiques font partie de leur culture depuis longtemps. Contrairement à des revendeurs PC qui pour beaucoup n’y connaissent pas grand chose et chez qui l’horizon s’arrête à la bureautique.

Est-ce que le profil de cette clientèle évolue ?
Oui, on a par exemple beaucoup d’administrations, de services gouvernementaux ou de collectivités territoriales qui ont de gros besoins en gestion de l’image numérique. Certains s’intéressent ou ont déjà opté pour des produits Apple. Prenez par exemple les services de voirie. On imagine pas à quel point ils génèrent de l’image numérique ! Avant chaque démarrage de travaux ils vont ainsi mitrailler les immeubles voisins pour se prémunir d’éventuelles plaintes des riverains sur l’impact des travaux sur les constructions. On a aussi des mairies qui se trouvent face à des fonds énormes et disparates d’images liées à l’actualité locale et qu’il faut numériser et indexer.

Sur quels critères Apple peut montrer sa différence ?
Le matériel aujourd’hui compte pour une part de plus en plus modeste dans le coût global d’un équipement, disons 15%. Les véritables coûts sont dans les services, l’installation, la maintenance. Et si certains responsables informatiques refusent encore de l’entendre il y a un coût de maintenance plus faible avec les solutions Apple. De même le débat autour des OS est devenu plus serein. Le choix d’un Mac OS X par exemple s’est dédramatisé. D’où l’importance de logiciels qui, de leur côté, entretiennent une parfaite neutralité qu’ils soient sur Windows ou sur Mac OS X.

Mais est-ce que cette neutralité ne conduit pas à des logiciels qui utilisent au strict minimum les technologies de Mac OS X ?
C’est vrai qu’un logiciel strictement Mac utilisera plus volontiers les technologies 100% Apple. SeeFile par exemple rend l’utilisation d’un serveur FTP beaucoup plus intuitive car très visuelle. Et il s’appuie pour cela sur des composants propres à Mac OS X comme Core Data ou Core Image pour générer les aperçus des fichiers. Mais pour un éditeur qui veut être présent sur Mac OS et Windows, le fait de s’en tenir à leur plus petit dénominateur commun a un avantage évident en terme de rentabilité. Ils se retrouvent aussi moins tributaires des grandes mises à jours système de l’un et de l’autre. A l’inverse, pour de plus petits éditeurs, une forte intégration avec l’un ou l’autre des systèmes peut servir d’argument commercial pour se distinguer du lot.

A quelles évolutions assiste-t-on sur les marchés de la création ?
L’heure est à ce qu’on peut appeler le multicanal, la capacité à diffuser un même contenu sur plusieurs supports, du Print au Web en passant par l’audio ou la vidéo. Et de par son ancienneté dans ces métiers Apple est bien placée. On assiste aussi, au moins dans les petites structures, à la dématérialisation du poste de travail. Les dernières technologies et Internet rendent possible le travail collaboratif à distance. C’est une tendance assez fascinante à observer.


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